Fraîcheur,
pénombre, calme, silence, apaisement...
Le vaste espace rectangulaire de la nef (de navis...en latin :le navire ,la barque de Pierre) s'ouvre au regard rappelant la maxime : " et toi évêque, lorsque tu réuniras l'assemblée de Dieu , veille, commandant de ce grand navire, à l'observation de la décence..."
Au fond le sanctuaire
obscur nous invite au sacré, premier édifice a être construit sur un
sanctuaire plus ancien ?
alors que la voûte "plein cintre" qui y mène porte encore la trace
d'un petit triangle de
pierre... témoin d'une toiture plus ancienne...
avant que d'audacieux architectes ne s'enhardissent à élancer leurs voussures de roc vers
le ciel... et plus de lumière

Dans la nef s'alignaient jadis, mais dans le sens de la longueur, les bancs des moines convers qui pouvaient s'associer ainsi (ou du moins écouter) le doux balancement semblable a un roulis berçant doucement le navire de pierres de la psalmodie des moines "profès" situés dans le choeur...
Un jubé en bois séparait alors les moines aux voeux définitifs , les profès, de ceux qui ne savaient pas les psaumes; cette barrière était situé vraisemblablement à la hauteur du petit autel couvert d'un drap blanc ( sur la gauche) ; on y montait pour lire les lectures qui commençaient souvent par ces mots : " Jube Domine benedicere" ( bénissez moi Seigneur)...d'où son nom
Dans la nef se tenaient aussi les hôtes du monastère et les malades adossés au mur du fond où étaient aussi des bancs et des civières pour les frères infirmes...
Point d'autres assistants... donc pas de portail.. mais peut-être un porche ou narthex à l'extérieur pour accueillir les passants autorisés seulement à regarder à l'intérieur...

Sur ce plan de l'abbatiale on remarque outre le Jubé la partie verte réservée aux convers et la zone en jaune réservée aux profès chacune avec leurs portes respectives.
Notons aussi la présence de deux absidioles latérales de chaque côté du sanctuaire.

Il conviendrai de s'attarder longuement sur les détails de l'architecture, le langage des chapiteaux ( que vous trouverez sur l'excellent livre (" Léoncel abbaye cistercienne "de M.-F. Giraud) et tout le symbolisme riche et complexe de la construction...
Ainsi l'orientation qui rend tangible la
mort et la résurrection du Christ à ces moines qui célébrant dans les
ténèbres l'office des vigiles
ou des mâtines comme une longue attente dans la
désespérance de la nuit...
et permet au lever du jour ,lorsque résonnent les chants de Laudes
fêtant le Christ sortant de la nuit du tombeau, au sanctuaire d'être inondé du soleil matinal, témoin
l'oculus
circulaire tourné vers le soleil (symbole du Christ) levant laissant pénétrer pleinement
le soleil à 9 heures au solstice d'été, heure de la venue de l'Esprit le jour
de la pentecôte...
témoins aussi les 3 fenêtres de l'abside du fond symbolisant les 3
personnes divines dispensatrices de la lumière de la foi et tournées vers
Jérusalem...